| MIDILIBRE édition du 19 Avril 2006 Sous le plâtre du château se cachait une fresque du XVIe Bientôt classée, la découverte a été mise au jour fortuitement Un trésor noyé sous le plâtre. C'est le mauvais état des murs du château de Montlaur, à Poussan, qui a permis de mettre au jour le 18 mars, une peinture murale rare dont le classement est en cours, dit-on à la direction régionale des Monuments historiques. Un trésor de « valeur nationale », dit Fabrice Bertrand qui est l'inventeur, comme on dit dans le jargon, de cette fresque. A 30 ans, il est le plus jeune membre associé à la société archéologique de Montpellier. Un spécialiste des Monuments historiques qui décrit : « Dans l'ancienne salle seigneuriale (transformée en chapelle au XIXe) un grand panneau vient d'être découvert : dans un cadre de faisceaux de lauriers au relief figuré, une scène représente un cavalier en costume de la Renaissance, accueilli par un autre personnage ». La peinture représente un beau cavalier en tunique rouge sur un étalon blanc « un joyau », un « chef d'œuvre de l'art pictural de la Renaissance », sans doute le seul exemplaire de ce type à ce jour dans notre région. Dans l'ancienne et petite salle d'apparat où l'on rendait la justice - transformée ensuite en école religieuse - on avait badigeonné les murs d'enduit et posé aux quatre coins de la salle de grandes appliques en néon. C'est sous l'une d'elles que le trésor a été mis au jour fortuitement. « C'est en voulant ranger des matériels détrempés que cette découverte a été faite », confie le Sétois Jean Laforgue, l'inventeur (en bas à droite), fin 2004, d'un autre trésor. Architecte du patrimoine, il était chargé d'une étude visant à créer des HLM dans ce château en partie propriété de l'association Saint-Vincent. La trouvaille a remis en cause le programme, « la grande salle risque de révéler un trésor plus précieux », a déclaré avec justesse l'architecte, à l'époque. Des sondages en ont confirmé l'existence de ces peintures. La fresque pourrait être un « élément d'une série figurative qui recouvrirait tous les murs de la salle. Une tradition fait état d'un grand décor peint attribué à Guillaume de Chaume, qui l'aurait fait réaliser pour commémorer la visite de Charles IX en 1554 », confirme-t-on aux Monuments historiques. Une fois totalement dévoilée, « ce serait le plus grand ensemble de peintures Renaissance de France ! » s'éclaire Fabrice Bertrand. Avec ses 1 000 ans d'histoire, ce château cache d'autres secrets. « Ces peintures profanes comme celle-ci sont extrêmement rares en France, analyse Jean Laforgue. Les fresques sont habituellement d'inspiration religieuse. Celle de Poussan est associée à un discours politique de l'époque avec un cheval couronné ». Cette découverte dont la restauration, qui se fera avec la Communauté de communes et Poussan, demandera beaucoup d'argent... Et permettra peut-être d'apporter des subventions pour restaurer le château. Pour que la belle histoire continue. Il suffit d'y croire. Textes : Olivier SCHLAMA
Date de création : 19/04/2006 @ 20:28
Dernière modification : 19/04/2006 @ 20:58
Catégorie : Articles
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